3 questions à Béatrice Barras, SCOP Ardelaine, pôle excellence rurale, Ardèche

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Ardelaine a sur remonter une filature de laine biologique en Ardèche, initiant un pôle d'activité qui essaime désormais localement.

Comment s’est créé Ardelaine ?

La Société Coopérative de Production (SCOP) Ardelaine s’est créée à Saint-Pierreville en Ardèche autour de 5 amis qui, sans un sou en poche, avaient décidé de redonner vie à une des dernières filatures d’Ardèche, tombée en ruine. Entre notre pari de l’époque, de réhabiliter la filière laine locale, et la création de la SCOP , sept années se sont écoulées. Sept années pendant lesquelles nous avons eu besoin de nous former, de trouver de l’argent, de préciser notre projet. En 1982, nous créons la SCOP Ardelaine avec un salarié. Aujourd’hui, après une progression lente et organique, nous sommes 30 salariés. Nous avons reconstitué tout un circuit de collecte de laine locale en assurant la tonte, le lavage, le cardage, la confection de matelas ou de vêtements, la commercialisation et la distribution. Nous avons également développé une activité culturelle en créant deux musées autour de l’histoire de la laine.

Pourquoi avoir choisi ce statut juridique ? Vous sentez vous proches dans votre fonctionnement des autres structures de l’ESS ?

Le statut SCOP était le seul statut qui respectait notre démarche collective pour des gens qui n’avaient pas d’argent au départ et qui souhaitaient partager le pouvoir dans l’entreprise. Ce statut permet pour chaque salarié d’avoir un pouvoir de décision non proportionnel au capital investi. L’élection du gérant lui donne également une légitimité. Rien ne se fait sans l’accord des salariés. Les réserves impartageables, enfin nous apparaissaient être une bonne idée.

Notre histoire est fondée sur la coopération. En ce sens nous nous sentons plus proches des structures de l’ESS dans la mesure où l’accent est mis dans nos structures sur les valeurs. Notre préoccupation quotidienne à Ardelaine, est que notre fonctionnement coopératif réponde à notre souci de faire ensemble en s’attachant à ce que chacun soit partie prenante de l’entreprise.

Quels sont les liens de votre structure avec le territoire ? Comment travaillez vous avec les autres acteurs autour du développement local ?

Nous avons construit ce projet dès l’origine dans un souci de développement local. Nous nous présentons d’ailleurs comme une coopérative de développement local. Nous travaillons aujourd’hui avec 230 éleveurs locaux de HauteLoire et d’Ardèche et assurons la tonte de 50 000 moutons par an, principalement de la race locale de la Blanche du Massif Central.

Nos deux musées permettent de faire venir environ 20 000 personnes par an dans le petit village de Saint-Pierreville qui peuvent ensuite acheter des produits Ardelaine dans notre boutique. Ces musées ont un impact économique et culturel local non négligeable. Par ailleurs, nous travaillons actuellement sur un projet de Pôle d’Excellence Rurale avec d’autres acteurs du territoire. L’idée est de monter un partenariat avec la communauté de commune des Chataîgners et des structures privées (Maison de moulinage de la soie de Marcols, Maison du Châtaigniers à Saint Pierre ville et un restaurant à Saint Julien du Gua).

Nous cherchons depuis l’origine à donner du sens collectif à notre travail qui a pour nous une dimension d’intérêt général. Une dimension que ne perçoivent pas forcément les collectivités auxquelles nous devons souvent faire un cours sur expliquer ce qu’est l’ESS pour faire comprendre la différence de notre démarche avec celle d’un entrepreneur classique du privé.

 

www.ardelaine.fr

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